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Il était une fois un orfèvre... Georg Jensen
Georg Jensen est sans aucun doute l’orfèvre danois le plus connu. Tout a commencé il y a précisément cent ans, avec l’ouverture d’un petit atelier à Copenhague. Cet anniversaire sera fêté à travers le monde entier et évidemment à Paris, où la Maison du Danemark recevra l’exposition Il était une fois… Georg Jensen du 24 septembre au 7 novembre 2004.
L’exposition cadre exactement avec les aspirations de la Maison du Danemark, laquelle s’attache à présenter, au fil des mois, ce que le Danemark peut faire de meilleur, que ce soit du point de vue artistique, culturel ou encore commercial. Dans ce cas présent, Georg Jensen apparaît comme la parfaite synthèse des trois : artiste inégalé, il a joué et joue encore un très grand rôle dans la vie culturelle danoise, et aujourd’hui la marque Georg Jensen est connue et reconnue à travers le monde entier.
Une exposition Georg Jensen à la Maison du Danemark, cela a d’autant plus de sens que la ville de Paris joue un rôle tout particulier dans le parcours de Georg Jensen. Après plusieurs courts séjours en France, il choisit de s’installer à Paris en 1924. Là, il dirige pendant deux ans un petit atelier de quelques ouvriers, alors que l’entreprise de Copenhague en employait plusieurs centaines. Ce choix lui permit de retourner aux origines de l’artisanat et ce avec succès. En effet, lorsqu’en 1925, il se présenta à l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes, il remporta un vif succès et fut récompensé par le Grand Prix. De nombreuses œuvres réalisées par Georg Jensen pendant cette période parisienne de 1924-1926 sont aujourd’hui considérées comme ses meilleures.
Il était une fois… Georg Jensen est une exposition très personnelle, conçue à l’origine par la Société Georg Jensen, composée avant tout de membres de la famille de Georg Jensen. Présentée dans sa version initiale au musée Øregaard, elle met en lumière l’artiste-orfèvre. Les objets exposés – des céramiques, des bijoux, des arts de la table – ont été gracieusement prêtés par des musées, des collectionneurs privés et surtout les descendants de Georg Jensen. C’est une occasion unique pour découvrir des œuvres qui n’avaient auparavant jamais été présentées – et qui ne le seront probablement pas de sitôt.
Si le public français peut aujourd’hui découvrir Georg Jensen sous un nouvel angle, l’honneur en revient avant tout à la Société Georg Jensen, dont nous saluons ici l’initiative. Il nous faut aussi remercier les fondations et institutions Augustinus Fonden, Kulturarvsstyrelsen, Oticon Fonden et Kvadrat S.A., ainsi que Jane Sandberg, Directrice du musée Øregaard, pour l’intérêt qu’ils ont manifesté envers ce projet et le soutien qu’ils lui ont apporté.
Michael Bjørn Nellemann
Conseiller culturel et de presse, Ambassade de Danemark
La renommée de Georg Jensen comme un des plus grands designers et orfèvres du monde fut établie en quelques années, entre 1906 et 1912. En plus de son exceptionnel talent artistique, il savait mieux que quiconque saisir les tendances de l’époque et contribuer à les orienter. C’est, entre autres, grâce à lui que l’art au Danemark, au début du XXe siècle, a emprunté d’autres chemins que dans les pays voisins.
Le destin particulier de Georg Jensen voulut qu’au début des années 1920, il perde l’entreprise qu’il avait créée et à laquelle il avait donné son nom et que, depuis lors, son art soit diffusé en fonction de critères purement commerciaux. De l’immense univers artistique de Georg Jensen, la Maison d’orfèvrerie-joaillerie Georg Jensen n’a, de façon bien compréhensible, exploité que la part qui pouvait être exploitée commercialement, laissant de côté le reste. Personne n’a jamais raconté dans sa totalité l’histoire de l’art de Georg Jensen, ni son importance pour l’époque. Même la biographie très approfondie de 1958, de Walter Schwarz, ne distingue pas entre la Maison Georg Jensen et l’homme, et son auteur précise dans la préface que la biographie s’achève en 1918 – c’est-à-dire au moment où Georg Jensen perdit sa troisième épouse et la maison qu’il avait créée.
Aussi reste-t-il aux admirateurs de Georg Jensen beaucoup de choses à découvrir. La part méconnue de son art se révèle en effet de très grande qualité et peut contribuer de façon essentielle à la compréhension de l’œuvre de sa vie.
Il était une fois un orfèvre… Georg Jensen aborde certains de ces aspects. Dans leur présentation, l’accent a surtout été mis sur des informations factuelles, réunies tout au long d’une recherche ciblée de plusieurs années. Nous avons tenté de structurer ces domaines méconnus, afin de les rendre plus accessibles, et nous avons entre autres dressé un récapitulatif des signatures, marques et poinçons utilisés sur les différentes pièces. Malheureusement, nous n’avons pas pu avoir accès à l’important matériel de la Maison d’orfèvrerie-joaillerie Georg Jensen et de Bing & Grøndahl, actuellement déposé dans les archives de Royal Scandinavia.
Il était une fois un orfèvre… Georg Jensen est le fruit d’une collaboration entre la Société Georg Jensen, le musée Øregaard et la Maison du Danemark.
L’exposition au Danemark a été soutenue financièrement par les fondations Danske Banks Fond et Augustinus Fonden, sans l’aide de qui le projet n’aurait pu être réalisé et auxquelles nous adressons nos remerciements sincères.
Michael Krogsgaard
Président de la Société Georg Jensen
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